Ramdas

Publié par P.Vigneau

"La vie humaine a un grand dessein. Elle ne nous a pas été donnée pour que nous vivions dans l'ignorance de la source divine de laquelle elle procède. Quand nous connaissons cette source, la vie s'écoule comme un courant étincellant, pénétré de paix et de joie universelles, qui répand sa bienfaisance sur tous les êtres. La vie humaine est un bien précieux, que nous avons gagné après de longues périodes de lutte. Dans cett vie, il nous est possible d'achever le cycle de notre évolution et de réaliser cet état suprême de liberté et de béatitude absolues, qui doit être notre seule ambition"

   Swami Ramdas

 

 
 
O Râm, Tu es partout, o Râmdas, tu n'es nulle part.
O Râm, Ta volonté seule règne, o Râmdas, tu n'as pas de volonté.
O Râm, Tu es la seule réalité,
Ô Râm  partout Ton amour pénètre. Partout brille Ta lumière. Ta félicité absorbe tout. Râm  Tu es Lumière, Amour et Félicité. Râmdas, tu vis en cette Lumière, en cet Amour, en cette Félicité. Râmdas  tu n'as pas d'existence séparée. Tu es libre, libre comme l'Amour, libre comme la Lumière, libre comme la Félicité. Aime tout, éclaire tout, partage avec tout la Félicité. Tu es tout et tout est toi. Toi et tout, c'est Râm  Râm en Sa gloire. Râm est un. Râm apparaît comme plusieurs. L'un, c'est vérité. Plusieurs, c'est fausseté. Un partout Un, et c'est Râm. Râmdas  ta volonté est la volonté de Râm  Ne vis que pour l'amour de Râm  Râm t'a rendu fou de Lui. Béni es-tu, Râmdas  La folie de Râm est tout pour toi, la folie de Râm est tout pour tous. En cette folie, il n'est peine, perplexité, ignorance, faiblesse, chagrin, haine, il n'est nul mal. Cette folie est tout Amour, Lumière, Félicité, Force, Puissance, Sagesse, elle est tout bien.Râmdas, tout louange, tout honneur, tout respect est pour Râm  car tes paroles, tes actions, ta pensée, tout est un nom de Râm, pour l'amour de Râm  inspiré par Râm  fait par Râm, pensé par Râm, écouté par Râm. Tout en Râm, par Râm  à travers Râm, sur Râm, au sujet de Râm, pour Râm, pour Râm. Tout Râm  Râm  rien que Râm  Om Sri Ram, Om, Om, Om. Râm, Râm, Râm  Telle est la folie de Râm  La magnifique folie de Râm  pleine de Félicité, pleine de Lumière, pleine d'Amour, pleine de Râm, Pas de pensée sauf de Râm  Pas de travail sauf celui de Râm. Pas de paroles sauf sur Râm. Parole en Râm, travail en Râm, pensée en Râm, silence en Râm  sommeil en Râm, rêve en Râm, Râm est en tout, tout est en Râm. Râm est tout, tout est RAM. Om Sri Râm !
Râm est forme, Râm a pris forme. Râm est avec forme, Râm est sans forme. Râm est être, Râm est non-être. Râm apparaît, Râm disparaît. Râm sait, Râm ne sait pas. Amour et haine sont en Râm  Lumière et ténèbres sont en Râm  Félicité et douleur sont en Râm. Sagesse et folie sont en Râm  Force et faiblesse sont en Râm. Et cependant Râm est par delà tous ces contraires, non attaché par Amour et haine, Lumière et ténèbres, Félicité et douleur, Sagesse et folie, Force et faiblesse. Om, Om, Om. Râm  Râm  Râm  Paix, paix paix. Ô Râm  Tu es le point où se joignent Lumière et ténèbres, où se joignent Force et faiblesse. Om Sri Râm  Tu es Paix, immobilité ~ inchangeable, inébranlable, éternel, infini ~ tout-puissant, inconcevable, incompréhensible. Om, Om, Om. (...)
Extrait des Litanies de Râmdas 
 
 
Appel
 
Tout commence par une grande nostalgie. Le futur disciple éprouve un mécontentement pour sa vie banale, juge insipide les tâches journalières, il se trouve peu de goût pour la vie mondaine dont il ne voit plus les buts. Rappelons nous comment a commencé le chemin pour Ramdas : " Pendant près d'une année, Ramdas se débattit dans un monde plein de soucis, d'anxiétés et de peines. Ce fut une période terrible d'inquiétude et de tension. Dans cet état de misère désespérée un cri jaillit du coeur de Ramdas : "Où trouver le soulagement ? Où trouver la paix ? "
 
Le premier stade est la décision que prend le chercheur de se mettre en route : ce n'est jamais un effet de sa volonté propre. Le fruit mûr se trouve cueilli par la main divine. Ramdas y insiste : " La grâce seule peut nous sauver " " Il n'y a pas d'autre chemin. La grâce est à ce point toute puissante qu'elle peut agir sur n'importe quelle personne, qu'elle soit en mesure ou non de la recevoir. Sinon... elle ne serait pas toute puissante et vous pourriez dire que vous pouvez atteindre Dieu par votre propre mérite... Ainsi, vous tournez votre esprit vers Dieu par sa grâce seule... ".
 
" En premier lieu, insiste-t-il, on doit s'éveiller par la grâce divine à l'intérieur de soi-même ; cette grâce ensuite conduit le chercheur vers un saint qui l'initie et lui donne une grâce supplémentaire qui lui permet d'aller jusqu'à la réalisation de la Vérité. En sanscrit on appelle cela Atma Kripa et Guru Kripa ... Le chemin devient alors plus facile pour lui, puisque le Maître le guide tout le long jusqu'à ce qu'il trouve Dieu ".
 
Si le disciple répond positivement à cette première impulsion, alors, suivant le vieil adage : "Quand le disciple est prêt, le maître arrive". Le maître est attiré par le disciple comme le disciple est attiré par lui, l'un étant la forme divine achevée, l'autre la forme divine en devenir.
 
La vraie vision : le Sama-Darshan.
 
Depuis deux ans que le grand changement s'était fait dans sa vie, Râmdas s'était préparé à descendre dans les profondeurs intimes de son "moi" pour y réaliser l'Esprit de Dieu immuable, calme et éternel.
Il fallait aller au-delà du nom, de la forme, de la pensée et de la volonté, au-delà de tout sentiment du coeur, de toute faculté de la pensée. Le monde ne semblait plus alors qu'une ombre vague, un néant de rêve. Sa vision était toute intérieure. Il ne voyait que la gloire de l'Atman dans sa pureté intégrale. Il trouvait la paix et la joie dans l'esprit qui pénètre tout, immanent, immortel et statique.
Dans ses étapes antérieures, cette vision se perdait parfois et il se retrouvait dans la vie multiple avec son tumulte de joies et de peines, d'attirances et d'antipathies.
Puis l'Esprit le ressaisissait dans son silence et dans son calme. Il atteignit bientôt le moment où la vision ne s'effaça plus en lui mais devint une expérience égale et permanente; de là, il arriva à un état d'exaltation où sa vision, jusque-là intérieure, fut projetée à l'extérieur.
L'Amour divin l'éblouit en lui permettant de temps en temps un coup d'oeil sur cette vision. Il lui sembla que son âme s'ouvrait comme une fleur et, dans un éclair éblouissant, embrassait tout l'Univers auréolé d'amour et de clarté. Jamais dans les étapes précédentes, il n'avait ressenti pareil bonheur. Ce fut à cet instant que Râmdas s'écria: Râm est tout, Il est partout et dans tout. Cet état d'âme, pendant quelques mois, venait et repartait. Quand il s'effaçait, un grand désir de solitude apparaissait. Pendant qu'il durait, Râmdas se mêlait au monde et prêchait la gloire de l'Amour et du Bonheur divins.
La mission de Râmdas eut son point de départ dans cette vision extériorisée. Sa plénitude et sa magnificence lui furent révélées dans la grotte de Kadri où sa vision devint plus continue. Dieu Se reflétait dans ses yeux et il ne voyait que Lui en toute chose, tandis que des vagues de bonheur déferlaient en son âme. A ce moment il comprit qu'il avait atteint une conscience pleine de splendeur, de puissance et de béatitude.
Râmdas renonça à sa grotte et reprit sa vie errante. Il inculquait un peu du bonheur indicible qu'il possédait à tous ceux qui s'approchaient de lui. Des foules l'entouraient partout où il s'arrêtait, et à leur vue l'Amour divin le faisait tressaillir. Extasié, il s'épanchait en accents d'amour et de joie.
Extrait de : Carnet de pèlerinage.
 
 
 
Le jeûne absolu.
Redescendant vers Balak Râm, Râmdas dit : Râmji, un peu au-dessus, il y a une caverne. Râm veut que Râmdas y demeure et y observe un jeune absolu. Il ne devra même boire de l'eau et devra garder un silence complet.
- Combien de temps durera le jeune ? questionna Balak Râm.
- Râmdas n'en a aucune idée, Râm en décidera, répondit Râmdas,
(...) Le troisième jour, il s'éleva au dessus de sa conscience corporel et il éprouva le sentiment d'un vide solennel dans l'existence. Un calme et une paix pénétraient son être. Il état alors le plus souvent étendu sur la natte, à plat sur le dos. Il n'avait pas du tout dormi et ses yeux restaient toujours ouverts, même pendant la nuit, car il ne pouvait pas les garder longtemps fermés, Il ne souffrait nullement de la faiblesse ni de la faim.