Surprise

Publié le par P.Vigneau

Illusion et pale copie?



 

Le mouvement néo-védanta me semble plutôt une vaste mascarade. J'ai assisté depuis un an, à plusieurs conférences où sont répétées les mêmes paroles et où la manipulation des auditeurs était évidente avec des trucs basiques de séduction et des questions fermées. Cela ne conduit à rien. Cette méthode d'enseignement ressemble à un « fast food » de l'enseignement non-duel. Les satsangs sont répétitifs, mais ils sont populaires parce qu'ils affirment qu'il n'y a rien à faire et que nous sommes déjà illuminés. Cet enseignement correspond à la mentalité des occidentaux qui veulent tout tout de suite, et rechignent devant la discipline, l'ascèse. La première "étape" du Jnana-yoga est quand même le discernement (viveka). Le discernement est le fruit d'un travail intérieur, bien plus profond que la compréhension de quelques idées. Viveka n'est pas seulement une opération mentale. C'est le fruit d'une perception profonde, qui implique d'avoir vécu certaines tensions intérieures.

La cause du problème vient d'une confusion entre le niveau de vérité ultime et le niveau de vérité relative. Répéter les vérités de quelque sage ne confert aucun potentiel de transmission. Dire que les gens sont déjà illuminés, qu'il n'y a pas de libre arbitre, qu'il n'y a rien à faire, qu'aucune pratique n'est nécessaire, qu'aucune voie n'est utile est une erreur pédagogique.
C'est vrai au niveau de l'absolu mais pas au niveau relatif, qui est celui où se situe tout chercheur. Répeter continuellement la même parole ne fait que créer une nouvelle croyance, mais ne libère en rien de l'illusion. Ainsi, cette façon de faire n'est d'aucun secours pour le chercheur puisqu'on ne lui propose aucune voie spirituelle, si ce n'est une masturbation intellectuelle.

Un véritable enseignement prend les gens où ils sont et leur offre un chemin vers la réalisation. Le chemin que j'ai connu nécessite des années de travail sur l'ego. « Ne rien faire ne produira rien ». Car ce n'est qu'à l'ultime épuisement du faire, oui il faut arriver à l'épuisement du faire ou du penser, pour que se produise le total lâcher-prise: l'abandon

Il y a une contradiction manifeste chez ces enseignants du neo-védanta qui parcourent le monde pour enseigner qu'il n'y a aucun enseignement...Si il n'y a rien à faire, pourquoi aller à des satsangs !

Si Ramana Maharshi enseignait en répondant aux questions, et en parlant au niveau de l'absolu. Mais ils s'adressait à des étudiant avancés. Cet enseignement n'est pas valable pour tous et peut induire certaines personnes en erreur (il n'y a rien à faire, donc je ne fais rien et je reste ainsi dans l'ignorance toute ma vie. Je suis déjà éveillé...et je vis complètement identifié avec l'ego sans le voir). J'en ai tellement rencontré.
Il existe des moyens efficaces pour éveiller la conscience, pourquoi s'en priver ? Ramana utilisait atma-vichara ; la discrimination de soi. J'ai pratiqué le sannidhi-vichara!
Que se passe-t-il pour tous ces gens qui vont écouter des conférences ? Sont-ils vraiment transformés après une conférence ou un satsang? Est-ce que cela ne reste pas au niveau du concept, des mots ?

Même si les traditions ne sont pas les seules portes d'entrée vers l'absolu. L'absolu ne connait aucune limitation et se manifeste toujours de manière nouvelle. Cependant je peux affirmer que la bonne volonté, la sincérité et la répétition des paroles des sages ne sont pas des qualifications suffisantes pour enseigner ou transmettre.

Seul le feu transmet le feu.

 

Publié dans Maya

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