Prema-atma

Publié par P.Vigneau

L’Humain, dans son évolution actuelle, se trouve à un stade intermédiaire entre l’animal et le Divin. Il ne devrait avoir de cesse à tendre vers le niveau de la Divinité elle-même, car c'est de toute façon son destin.

 

Atma Prema (amour de Soi) = tomber amoureux du Soi qui est au coeur de chacun. 

Pour comprendre ce que cela signifie, il nous est nécessaire de connaitre les deux dharmas – le deha dharma et l’atma dharma. Le deha dharma se rapporte aux devoirs que nous accomplissons en tant que membres de la société, en accord avec l’âge, le sexe, la culture, etc. Le deha dharma s’applique à notre vie quotidienne et favorise l’harmonie, l’ordre et le respect parmi les hommes. Il nous permet également, dans des limites raisonnables, de nous divertir autant que nous le souhaitons et sans honte. Le deha dharma mène aux mondes paradisiaques, mais également au cycle des naissances et des morts. Il ne nous conduit pas à la Libération.

Néanmoins, lorsque l’on est sur le chemin spirituel, un autre chemin plus élevé nous attire, nous libérant finalement de tout égoïsme et de tous désirs, et nous conduisant vers la Libération. C’est l’atma dharma ou svaha dharma. Il se peut que nous ayons des occasions de vivre selon l’ātma dharma (même temporairement), lorsque par exemple nous faisons passer les besoins des autres avant les nôtres, lorsque notre cœur est touché par la souffrance de l’autre, ou lorsque nous décidons de remettre en question nos penchants égoïstes et de nous orienter vers une vie plus altruiste. Nous connaissons alors la paix, la béatitude et le contentement parfait de l’ātma dharma qui est totalement exempt de doutes, de confusion et de dualités de toutes sortes.

Une vie passée de cette manière, dans la conscience permanente de notre véritable soi, resplendit dans le service aux autres.  Les saints, les prophètes et les yogis, qui mènent une « vie divine » sont toujours Un avec la Réalité non duelle. Ils vivent totalement au-delà de tous les concepts (vrai/faux, joie/peine) ; ils n’ont pas de devoirs à accomplir car, voyant le Un en tout, ils sont dans un état de totale liberté où la vie et l’ātma dharma sont Un, et leur vie est une bénédiction pour le monde.

L’élément important de ce dharma est de voir le Un en tout, et le tout comme Un. 

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La respiration alternée Nadi Shodhana (Nadi : canaux d'énergie et Shodana : purification) active et équilibre les systèmes nerveux sympathiques et parasympathiques (systèmes chargés respectivement de l'activité et de la détente de l’organisme). Cet exercice est conseillé pour tous, 5mn le matin et le soir, pour se détendre, se recentrer, et comme introduction à la méditation. 

Ses  effets tendent à : 

- régulariser et équilibrer la circulation sanguine dans le cerveau,

- améliorer l'équilibre émotionnel,

- purifier les canaux subtils d'énergie (Nadis).

L'ayurvéda le place comme un remède de premier plan aux désordres si fréquents de l'agitation mentale, la nervosité, le stress,... Plus le souffle s’allonge et devient subtil, plus les effets s’approfondissent. La pratique régulière de ce Pranayama génère progressivement une expérience méditative spontanée. 

 

Pratique

Nadi Shodhana (encore appelée Anuloma Viloma en sanskrit) se pratique de préférence assis jambes croisées et les yeux fermés. On peut aussi être assis sur une chaise. Le corps reste droit. 

Il s'agit de respirer en bouchant alternativement les narines avec pouce, annulaire et auriculaire de la main droite (Vishnu mudra). La respiration reste confortable et silencieuse (pas de respiration ujayi).

Il existe de nombreuses variantes plus ou moins complexes suivant les écoles, et avec divers comptage du souffle, mais la technique enseignée jadis par Swami Shivananda de Rishikesh reste la plus simple et la plus accessible :

vishnumudra- Commencez l’exercice en inspirant par les deux narines

- Expirez à gauche, en bouchant la narine droite

- Puis inspirez à gauche (du même côté), narine droite bouchée

- Et expirez à droite (de l'autre dôté), narine gauche bouchée

- Continuez ainsi de suite, en inspirant toujours du même côté, et en expirant de l'autre côté (petite astuce pour savoir où on en est). Cherchez à prolonger l'expiration, mais sans forcer.

- terminez l'exercice après une expiration par la narine gauche, et restez tranquille un moment, en observant l'équilibrage du souffle dans les deux narines...

De temps en temps, portez l'attention sur votre bras droit, votre dos, vos épaules et votre visage: ils sont détendus pendant toute la durée de l’exercice .

 

Respiration

Pendant l'Inspiration nous absorbons Vie et Lumière; au cours de la rétention (même légère) chaque cellule de notre corps, chaque atome de notre être devient cette même lumière dans l'unité qui suit la cessation du mouvement ascendant de l'énergie. Tout est Un, prêt à s'exprimer, prêt à donner.

En expirant commence l'acte de donner, comme une libération des fardeaux émotionnels, mentaux, physiques, et comme une expression de notre vraie nature, adressée à présent à l'extérieur. L'expiration est un don de nous-mêmes, de notre force dynamique, et le retour de l'énergie que nous avons reçu à travers l'Inspiration.

 

 

 

Le Pranatma (de prana: souffle, et atma: âme), qui signifie littéralement "souffle de l'âme", se propose, en prolongeant la durée de la respiration, de prolonger, dans le même temps, la durée de la vie même, ainsi que sa qualité.

Il désigne l'ensemble des techniques de régulation de l'énergie par la maîtrise du souffle, car en agissant sur le prana à travers les techniques respiratoires, c'est l'ensemble de ses fonctions vitales que l'on cherche à dynamiser et à harmoniser.

 

Le but du pranatma est de faire fonctionner au mieux l'appareil respiratoire, ce qui améliore automatiquement l'appareil circulatoire, lui-même indispensable à une bonne digestion et une bonne élimination. Ce qui favorise la vie de l'âme dans le corps. Si l'appareil circulatoire est déficient, les toxines s'accumulent, les affections se répandent dans le corps et un mauvais état de santé s'installe.

 

L'appareil respiratoire est la porte ouvrant sur la purification du corps, de l'esprit et de l'intellect.

Les avantages ne sont pas purement physiques (santé, vitalité, longévité), mais aussi psychologiques et mentaux (apaisement du système nerveux, stabilité émotionnelle, augmentation des capacités d'attention et de concentration, équilibre et force intérieure).

 

La respiration ordinaire se fait automatiquement, et reste, la plupart du temps, superficielle. La technique pranatma, en guidant l'air tout au long de son trajet, dans les quatre mouvements du souffle, s'applique essentiellement à ralentir, à prolonger et à approfondir la respiration de façon à augmenter progressivement la capacité respiratoire. L'amplitude respiratoire étant améliorée, la circulation sanguine s'intensifie, apportant un surcroît d'oxygène à toutes les cellules du corps. Le système nerveux en est le grand bénéficiaire, le cerveau est apaisé et rendu disponible pour une approche des états méditatifs.

Patanjali parle aussi d'une quatrième méthode de respiration. La première méthode est l'inspiration; la seconde, l'expiration; la troisième est la rétention , sur l'inspir et sur l'expir; et la quatrième survient quand l'effort de contrôle disparaît dans un non-effort. En premier lieu, le pranayama est délibéré, et laborieux, mais c'est seulement quand il devient totalement sans effort qu'il est maîtrisé. Ceci est kevala kumbaka , ce qui signifie pure ou simple - la rétention qui se produit d'elle-même, survenant naturellement et sans aucun effort. Dans kevala kumbhaka, il n'y a aucune pensée. Il n'y a aucun mouvement de pensée, interne ou externe. Dans cet état spirituel, vous ne pouvez rien penser, si ce n'est que vous êtes présent.

Le Pranatma se situe à la frontière entre le monde matériel et le monde spirituel, et le diaphragme est le point de rencontre du corps physiologique et du corps spirituel. Si, quand vous retenez votre respiration, votre esprit sombre au bout d'un certain temps, ce n'est pas kumbhaka. Même si vous comptez 'Un, deux, trois, quatre", vous avez perdu la divinité- vous avez perdu la paix. Souvenez-vous que Kumbhaka ne consiste pas à retenir le souffle; mais à retenir l'énergie. Kumbhaka, c'est réaliser le véritable coeur de l'être qui est amené dans le corps. Vous ne pensez plus, ni à l'extérieur, ni à l'intérieur. Ayant contrôlé les mouvements qui se produisent à l'intérieur, comme à l'extérieur, vous voyez que dans le silence aucune pensée ne se produit. Quand vous ne pensez plus du tout, où est l'esprit? Il se dissout dans le Soi."

C'est lorsque le souffle devient totalement libre que l'on est libéré du souffle. Là où il n'y a plus ni expir, ni inspir, ni effort de rétention, le souffle(prana) et l'esprit (manas) sont absorbés simultanément. La conscience s'intériorise et entre en contact avec son propre centre. Toute dualité disparaît. Le Soi se révèle à lui-même.

L'immobilisation du souffle neutralisant, dans le même temps, les facultés sensorielles et les facultés mentales, le Pranayama est la porte ouvrant sur la dimension de l'âme .

 

Cessant de dépendre des impressions externes (venant des objets sensibles), l'esprit (manas) se tourne vers la lumière de l'intelligence (buddhi) pour y puiser le pouvoir de discernement et se libérer également de l'emprise des impressions internes, liées à la mémoire (smriti) et aux imprégnations liées au passé (vasana). Ainsi commence un étrange et mystérieux voyage à rebours vers la source de cette lumière, source de toute Lumière, l'étincelle divine du Soi.

 

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