Maya

Publié par P.Vigneau

Maya a les sens suivants dans l'hindouisme :

- éternel pouvoir du Brahman ;

- puissance cosmique grâce à laquelle l'univers se manifeste et s'organise ;

- Illusion cosmique qui conduit l'homme à prendre le monde des sens pour le réel ;

- Prakriti , selon shrî Aurobindo;

- la Nature selon Râmana Maharshi ;

- le monde selon shrî Rāmakrishna ;

- le pouvoir mystérieux par lequel un Dieu se manifeste ;

- la Mère divine selon shrî Aurobindo ;


Dans la philosophie spéculative védique, la Maya est l'illusion d'un monde physique que notre conscience considère comme la réalité. De nombreuses philosophies ou recherches spirituelles cherchent à « percer le voile » afin d'apercevoir la vérité transcendante, derrière l'apparence de ce monde matériel.

Dans l'hindouisme, on pense que la maya est l'un des trois liens qui doivent être dénoués afin de réaliser la moksha (libération du cycle des réincarnations ou saṃsāra), les deux autres étant l'ahamkara, l'ego ou conscience de soi, et le karma, la « loi des actes ».

Le concept de maya est central dans le Vedanta où il désigne l'illusion cosmique, le pouvoir de création qui engendre le monde manifesté sous la forme d'un voile d'ignorance qui se surimpose à l'Absolu, Brahman. Shankara la décrit comme sans commencement, "ni être ni non-être", inexplicable .


Toutefois si la maya désigne le plus souvent une illusion cosmique, certaines écoles l'interprètent différemment, d'une façon réaliste. Pour le Shivaïsme du Cachemire, comme pour le Vishishadvaita, māyā est parfaitement réelle, elle est la manifestation d'un pouvoir divin, une force de connaissance et non un voile d'ignorance.

Shri Aurobindo a fait remarquer que dans les anciennes upaniṣad, maya n'est nullement illusoire. Pour lui, l'ancien vedānta est réaliste. Il considère l'illusionnisme comme une évolution tardive. Pour le Vedānta réaliste, maya est la force qui suscite la multiplicité. Mais la multiplicité est parfaitement réelle. C'est l'opposition entre la multiplicité des objets sensibles et la simplicité supposée du Brahman qui a sans doute conduit certains penseurs à accuser d'illusion le monde perçu.

L'Atma yoga, comme Sri Aurobindo, n'accepte pas la théorie de mâyâvâda, exposée par Shankara, et refuse de voir une dichotomie irréductible entre le pourousha et la prakriti - l'âme et la nature - du système samkhien.

Pour avoir la vision de Brahman il n'est pas nécessaire de nier prakriti ou mâyâ. Mais la conscience doit être purifiée, elle doit manifester la lumière, la paix, la félicité et l'harmonie de la nature divine.

Sri Aurobindo affirme que si la théorie de mâyâ est poussée à l'extrême, cette théorie elle-même devient illusoire; la vie est donc vraie, et n'est pas mâyâ ; elle est divinement vraie, vraie d'une réalité féconde. Pour arriver à cette compréhension, l'homme doit entreprendre une discipline de purification dont les effets modifieront le corps autant que le mental.

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