Ego spirituel

 

Ce qui masque la lumière de l'Atma, c'est l'ego. Cette masse de mémoire à laquelle nous sommes identifiés et qui nous enferme sur notre pensée et nos désirs.

L'égo fut une aide pour développer la personnalité, il devient l'obstacle à dépasser pour découvrir l'Atma.

Mais cette identification à la personnalité n'est pas statique, elle évolue, se transforme....

Le but d'un chemin spirtuel est justement de se libérer de cet identification. Et ce n'est pas si simple. Il n'y a pas de recette miraculeuse, mais un long et minutieux "travail" de détachement des forces mécaniques qui animent la personnalité. l'ego n'est pas un ennemi, mais un obstacle qui cache la pure lumière de notre soleil intérieur. 

J'ai vu des personnes humbles, discrètes, joyeuses, beaucoup plus lumineuses et vraies que d'autres faisant des conférences et des stages en se disant éveillé, mais animé par un "gros ego"...

 

Un certain nombre de démarches conduisent à une version distordue de la spiritualité. Nous pouvons nous illusionner en pensant que nous nous développons spirituellement, alors qu'en fait nous usons de techniques dites spirituelles pour renforcer notre ego.

Cette illusion fondamentale séduit le néophyte, autant que celui qui connait une illumination. Cette illusion va renforcer l'ego. C'est inévitable. On parle alors d'ego spirituel.

L'ego spirituel se teinte de spiritualité, il a un langage spirituel, il connait les subtilités des concepts, il sait répondre aux questions existentielles, il laisse croire qu'il y a des pouvoirs spéciaux, il maitrise en effet certaines énergies, mais ses moteurs fondamentaux sont toujours egocentriques. Il sait convaincre les autres et les manipuler pour affirmer la supériorité de son savoir. Il est pret pour revetir le costume de gourou. Il est pret pour s'engager dans ce role, en toute bonne foi. Avant de monter sur l'estrade, c'est là pendant les stages qu'il expose aux autres stagiares tout son savoir; Puis quelques personnes viendront lui demander conseil...

Et comme les gens aspirent à un besoin de sécurité et de repères, le jeu peut commencer

 

 

 

Sentiment de supériorité

 

Pris par l'ego spirituel, certains s'enferment sur leurs acquis, jusqu'à parfois affirmer que les chemins des autres ne sont pas valables, affirmant que seule "leur" vision est bonne. Ils pensent être très éclairés, et peuvent aller jusqu'à se croire supérieurs ou plus avancés... Même si leur discours affirme le contraire, ils ont l'intime conviction de mieux savoir que les autres.
 
L'égo spirituel revêt bien des habits, cela peut aller de jouer au maitre, ou au guérisseur, en passant par celui qui a fait une longue sadhana et celui qui se croit disciple d'un grand maitre, nul n'est épargné par ce piège. 
Les personnes prisent dans les filets de cet égo sont encore dans la dualité, en jugeant ce qui est supérieur/inférieur, car à leurs yeux bien sur, ils sont dans un état supérieur.
 
Bien souvent, ils ne se rendent pas compte qu'ils sont gouvernés par leur égo, puisqu'ils se pensent au dessus de tout ça. 
Le drame c'est qu'ils risquent de se fourvoyer très longtemps dans ce piège! 
Le remède, bien sur, c'est de lâcher le controle, et d'accepter de lâcher toutes les certitudes. L'accompagnement par un véritable sage sera alors le moyen d'aller se confronter à ses illusions egotiques... Mais il faut accepter de disparaitre pour cela... et non monter sur une estrade pour distribuer la "vérité"!
 
 

 

Avidité

la soif égotique

 

L'ego se caractérise aussi par l'avidité, le désir d'avoir plus: plus de richesses, plus de talents, plus de sécurités, plus de sagesse, plus de pouvoirs...

Et en revers la peur: peur de perdre, peur de ne pas y arriver, peur de manquer, peur de l'inconnu....

Dans certains discours "spiritueux", on parle de la richesse divine, et l'on tâche de réaliser cette abondance au niveau matériel. L'argent étant considéré comme énergie divine, ou même une bénediction de Dieu comme chez les évangélistes américains. Ce qui va intellectuellement satisfaire l'ego.

Mais, soyons juste! L'avidité demeure, le désir d'avoir plus demeure! L'orgueil de "réussir" s'accroit. Le désir de "profiter" du confort nous anime. Dieu n'est plus considéré que comme un distributeur de richesses.

Bien sur, tout cela est bien humain et désirable, mais: le véritable chemin spirituel conduit au détachement et à la simplicité. 

Quand Dieu emplit le coeur, il n'y a plus de manque.

Quand l'éveil s'est produit, il n'y a plus d'intéret pour l'argent, tout ce qui est nécessaire arrivera au moment adéquat.

La réalité de la transmission spirituelle ne peut pas se situer sur le plan du porte-monnaie. 

Il ne s'agit pas de nier l'utilité matérielle de l'argent, mais de s'interroger  sur la réalité d'un message d'un soit disant éveillé et la traduction de cette réalité avec la demande importante d'argent. 

Bien sur on peut vivre détaché au milieu des richesses. On peut redistribuer à des oeuvres humanitaires, c'est un parfait argument... 

L'ego spirituel peut avoir le gout de l'authentique. Mais l'exigence de vérité ne s'accomode pas de l'erreur.

 

 

Prouver quoi?

L'orgueil spirituel est un problème que rencontre, tot ou tard, tout aspirant à la réalisation divine.

"J'ai eu telle expérience", j'en témoigne avec habileté, persuadé d'avoir connu quelque chose de "grand". Et je vais le prouver, en commençant par me croire investi d'une mission.

"Je n'ai plus d'ego" affirme même tel conférencier qui ne fait que jouer la séduction avec tout son public féminin! ! ! Et personne dans l'assemblée ne s'en rend compte.

Il est clair sans un réel discernement, la confusion s'accroit. L'ego spirituel s'enferme sur lui-même, persuadé d'avoir raison. Le mental sait utiliser les mots et les concepts pour son intéret.

"Je vais faire de l'argent avec ça (mon illumination)" dira l'ego. Je n'exagère pas, "plusieurs éveillés" me l'on dit , avec sincérité. 

Mais dans cette démarche, il y a une incohérence totale, l'ego s'enfle tout tout simplement... Le marketing devient le moteur de l'action. 

 

Demeurer dans l'ouverture

 

Pour nous ouvrir, il nous faut lâcher notre désir de préserver ou d'accroitre nos intérets propres. Tant qu'on est dans une quête d'acquisition, il y a une illusion. On s'enferme sur des rêves.

Si nous pouvons voir la situation clairement, telle qu'elle est, sans attachement, il ne peut y avoir  d'action juste.

Le point fondamental est qu'il n'y a pas à lutter si vous voulez vous ouvrir. Rien à défendre, rien à prouver. Une fois que vous avez engagé vos pas sur le chemin spirituel, si vous abandonnez la lutte, il n'y a plus de problème. La lutte est l'ego.

Dès que l'on essaie de démêler le passé, alors on entre dans l'ambition et la lutte dans le moment présent, sans être capable de l'accepter tel qu'il est. L'ego immature cherche un papa, une maman, un sauveur. Notre thérapeute ou notre gourou ne sont pas des sauveurs, et s'ils vous le font croire, fuyez au plus vite. Il nous faut travailler sur nous-mêmes. Il n'y a pas d'autre alternative.

 

Le Merveilleux

Bien souvent, l'étape suivante dans le sentier de l'auto-illusion est le désir de voir des miracles. Comme le quotidien n'est pas stimulant, on recherche de l'extraordinaire. Nous créons ainsi une image illusoire de ce que pourrait être un éveillé.

L'exigence de vérité, permet de chasser la confusion de l'ego pour entrevoir la lumière de l'éveil. Si nous savons nous débarrasser de l'encombrement intérieur, de la peur, des désir d'acquisition, nous nous ouvrons à une vision juste de la vie.

Le coeur de la confusion consiste en ce que chaque homme a une perception de soi qui lui parait être solide et continue. Or l'expérience menace sans cesse de nous révéler notre caractère transitoire.

Rien n'est permanent, demain ne sera pas mieux. Tout est maintenant, c'est là que je veille à me détendre et ressentir la paix profonde qui ne nous quitte jamais. Le merveilleux n'est qu'un jouet pour l'ego immature.

 

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Il arrive dans la vie, des moments où se concentrent des choix essentiels.

Des moments où le feu de notre âme nous rappelle à l’action juste.

Il est maintenant ce moment où nous sommes invités, à la faveur d’une mystérieuse conjonction, à quitter le port et reprendre la mer, à partir vers l’inconnu.

Il est maintenant ce moment où nous pouvons oser

chercher ce que nous sommes en vérité.

 

Cette aventure est d’autant plus impérative que les formes nouvelles du spirituel restent enfermées dans des recherches de « toujours plus », qui ne sont que le désir d'un super-ego, avec toujours un manque essentiel.

 

Il s’agit de démystifier la quête essentielle. Il s'agit de se libérer de la fascination pour les magies de puissance. Il s'agit de ne plus se laisser hypnotiser par l'appel du merveilleux.

Il s'agit de voir tous ces pièges qui droguent les consciences humaines, maintenant le chercheur spirituel dans un infantilisme sclérosant.

Les temps ne sont plus à l'adoration des héros, des demi-dieux, des maîtres, ni à la recherche de quelques secrets cachés, mais à la reconnaissance de notre liberté spirituelle souveraine, à l’aventure libre enfin de la conscience et de la joie.

L’éveil à notre liberté essentielle apparaît comme un but de la vie spirituelle. Cet éveil donne le sentiment d’être soudain.

Cependant les événements qui y conduisent sont progressifs. Y aurait-il un processus décelable ?

(extrait du livre : Tout est Un)

 

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C'est le besoin de sécurité qui pousse les gens à se tourner vers des gourous. C'et le besoin de combler une insécurité, non par "la vérité" et la lucidité, mais par un attachement qui va anesthésier l'insatisafaction et la peur. 

Cela se comprend, mais risque aussi de conduire à de grandes desillusions... 

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L'éveil n'est pas seulement le fruit d'un détachement et d'une observation de ce qui se passe en soi.

L'éveil exige un don de soi à l'Inconnu. Si une partite de l'être se soumet, mais qu'une autre partie se réserve et suive son propre chemin ou pose ses propres conditions, alors chaque fois que cela se produit, vous repoussez vous-même la Grâce Divine loin de vous. 

Si derrière votre dévotion et votre soumission, vous abritez vos désirs, vos exigences égoïstes et vos désirs vitaux, si vous mettez ces choses à la place de l'aspiration vraie ou que vous les mêliez avec elle et que vous vous efforciez de les imposer au Divin, c'est en vain que vous cultiverez votre attention et invoquerez la Grâce Divine pour vous transformer. 

 

 

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"il n'y a rien que vous puissiez faire - abandon total, impuissance totale...un état d'abandon ou tout effort est venu à son terme, ou tout mouvement vers une quelconque acquisition est venu à son terme -tout désir et jusqu'au désir de ce désir est totalement absent, l'imagination doit disparaitre...". (Nisargadata)

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Il ne faut jamais oublier le fait que, contrairement à ce que beaucoup s’imaginent, même si un chercheur parvient à connaître l’illumination, il peut — en raison de certains penchants défavorables qui sont toujours non transformés en lui — se trouver encore très loin du but ultime, la libération, qu’il souhaite atteindre.

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"C'est du lieu d’où s'élève le souffle que s'élève également les pensées. L'important c'est de se tenir en ce lieu originel de l'être et de veiller avec soin que le silence habille la pureté des profondeurs.

Il importe alors de ne pas se laisser distraire et entraîner au dehors. Alors quand des pensées cherchent à jaillir - et elles le font sans interruption - pour éviter d'être emporté par elles, il suffit de remonter à la source de chacune d'elles - et de ressentir la vague qui vous ramène au rivage - de chercher qui pense cette pensée, la pensée fondamentale qui est à l'origine de toute pensée : ainsi vous revenez en votre lieu originel, le lieu en qui tout lieu a disparu, le Soi en qui tout soi s'est évanoui.

L'attention au souffle aide à l'intériorisation. En suivant le souffle retournant à ses origines, c'est à notre source même que vous aussi nous revenons.

Tout cela c'est l'effort, auquel nul ne peut se soustraire, et sans lequel la grâce est incapable d'agir en vous.
Ferez-vous du feu avec du bois vert ? Il faut couper la branche, la faire sécher. Après cela seulement le feu prendra. Le feu c'est la grâce, la préparation du bois, la sadhana, l'effort de celui qui veut vraiment réussir.
Il faut n'avoir qu'un but. On se renseigne sur le but, mais une fois celui-ci connu, on ne perd pas son temps à quémander à nouveau à droite et à gauche. On va droit devant soi là où on a décidé d'aller.
A quoi bon courir de maître en maître ? A quoi bon passer son temps à lire à et se renseigner sur les différentes méthodes ? Lire et se renseigner, c'est consulter la carte et l'horaire. Si on veut aboutir au lieu indiqué par la carte et l'horaire, il faut bien un jour se décider à prendre le train." (Gnanananda)