Vivre en Paix

Comment vivre en paix dès maintenant?

 

En faisant la paix avec la réalité.

La réalité, c'est l'instant présent. L'instant présent est le terrain de jeu où la vie se joue. En effet, elle ne peut se jouer nulle part ailleurs.

L'instant présent est la seule réalité, êtes vous conscient de cela?Vous ne pouvez être bien que maintenant. Alors ouvrez toute votre attention à l'instant, ressentez votre corps, détendez-le, respirez...

Une fois que vous serez totalement présent à l'instant présent, observez ce qui se produit. Dans la seconde présente il n'y a pas de manque. Ce n'est que lorsque le mental réflechit, analyse, compare, jauge, interprete, qu'il fabrique la sensation de manque et d'insatisfaction.

 

Le secret de l'art de vivre en paix, le secret du bonheur, se résume à faire un avec le moment présent. Faire un avec le moment présent, c'est faire un avec la vie qui est maintenant.

À ce moment-là, vous ressentez une grande légèreté. Vous réalisez que ce n'est pas vous qui vivez votre vie. C'est très subtil,et fabuleux. C'est la vie qui vit en vous et par vous. La vie est le danseur et vous, la danse.

Ainsi le grand secret de la paix est simplement de souvrir à l'instant présent et de l’aimer.

Il n’y a rien d’autre à aimer, de toute façon, comme vous l’avez probablement remarqué...

 

Extrait de mon livre "la Non-dualité"

 

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Q: Comment trouver la joie en cette vie?

R: Lorsque nous sommes conscient de qui nous sommmes, nous voyons que ce monde est, en fin de compte, admirable. Oui, la paix régne en ce monde. Car ce monde est une création parfaite de Dieu.

Ce n’est que lorsque nous nous identifions subconsciemment à l’image extérieure de nous-même que nous percevons du mal en ce monde.

Dès qu’on regarde par l’oeil de l’âme, on comprend tout de suite que chaque chose fait partie intégrante du jeu/drame cosmique et divin. Sachez cette vérité et transformez votre vie. Il se peut que l’âme soit toute recouverte de karmas, mais le karma n’est pas l’âme, et l’âme n’est pas le karma. Le monde que nous voyons n’est que le reflet de la totalité des karmas d’innombrables individus, nations, villes, commautés et familles. Les vôtres aussi font partie de ce panorama collectif.

Ce sont les actions et les réactions qui s’ensuivent qui enchaînent l’âme sur terre et tourmentent le monde. Mais la paix, elle demeure, au delà des agitations de surface.

 

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Il paraît étrange que nous ne puissions trouver une façon de vivre où il n’y ait ni conflit, ni souffrance, ni confusion, mais au contraire une abondance de joie et de bienveillance. Nous lisons des livres, œuvres d’intellectuels nous proposant des organisations économiques et morales de la société. Nous nous tournons aussi vers des ouvrages écrits par des théologiens, personnages religieux ayant leurs idées de prédilection et se complaisant à de nombreuses spéculations.

 

Apparemment, il est difficile pour la plupart d’entre nous de découvrir une manière de vivre qui soit vivante, paisible, pleine d’énergie et de clarté et où l’on ne dépende pas d’autrui. Nous sommes censés être des gens mûris et sophistiqués. Ceux d’entre nous qui sommes plus âgés avons assisté à deux épouvantables guerres, à des révolutions, des soulèvements, et à la souffrance sous toutes ses formes. Et pourtant nous voici, par une belle matinée, parlant de toutes ces choses, attendant peut-être qu’on nous dise quoi faire, qu’on nous indique une façon pratique de vivre, de suivre quelqu’un qui nous donne une clef à la beauté de la vie et à une grandeur qui dépasse la routine quotidienne.

 

Je me demande - et vous aussi peut-être - pourquoi nous écoutons les autres. Pourquoi ne pouvons-nous pas trouver la clarté par nous-mêmes dans notre propre esprit, dans notre propre cœur, et sans aucune déformation ; pourquoi devons-nous être si encombrés de littérature ? Ne pouvons-nous pas vivre pleinement, sereinement, dans une grande extase et véritablement en paix ? Notre état de choses me paraît très étrange, mais il est ce qu’il est. N’avez-vous jamais considéré si vous ne pourriez pas vivre d’une vie complètement dépourvue d’efforts et de luttes ? Nous faisons sans cesse des efforts pour changer ceci, pour transformer cela, pour supprimer une chose, en accepter une autre, pour imiter, pour mettre en pratique certaines formules et certaines idées.

 

Je me demande si nous nous sommes jamais préoccupés de savoir s’il est possible de vivre sans conflit - non pas pour cela nous retrancher dans un isolement intellectuel ou dans une ambiance émotive, sentimentale et brouillonne. Mais au contraire de vivre sans aucun effort du tout. Parce que l’effort, si agréable (ou désagréable), si satisfaisant ou si profitable qu’il soit, fausse et déforme l’esprit. C’est comme une machine qui fonctionne tout le temps avec frottement et jamais tout uniment et qui, ainsi, se détruit rapidement par l’usure. Alors on se pose la question - et il me paraît qu’elle en vaut la peine – la question de savoir s’il est possible de vivre, tout effort étant éliminé, sans pour cela tomber dans la paresse, l’isolement, l’indifférence, l’insensitivité, la torpeur. Toute notre vie, depuis l’instant de notre naissance jusqu’à celui de notre mort, se passe dans une lutte interminable pour nous adapter, nous modifier, pour devenir quelque chose. Et cette lutte, ce conflit engendrent la confusion, émoussent l’esprit et nos cœurs deviennent insensibles.

 

Donc, est-il possible - non pas en tant qu’idée, ou comme une chose sans espoir, au-delà de notre portée - de découvrir une façon de vivre sans conflit, non seulement superficiellement mais encore dans les profondeurs de l’inconscient, dans la profondeur de nous-mêmes ? Ce matin nous allons peut-être pouvoir pousser ’cette question très avant. Et tout d’abord, pourquoi inventons-nous des conflits, agréables ou pénibles, et est-il possible d’y mettre fin ? Pouvons-nous y mettre fin et vivre d’une vie entièrement différente, disposant de la plus grande énergie, la plus grande clarté, la plus grande vigueur intellectuelle, la raison, et avoir dans le cœur une abondance d’amour dans le vrai sens de ce mot ? Il y a lieu, me semble-t-il, d’appliquer notre esprit et notre cœur à cette question, à nous en pénétrer complètement.

 

Le conflit existe évidemment en nous à cause de nos contradictions intérieures, lesquelles s’expriment extérieurement dans la société, dans les activités du « moi » et du « non moi » ; autrement dit, du « moi » avec toutes ses ambitions, ses élans, ses recherches, ses plaisirs, ses anxiétés, sa haine, sa compétition, sa peur, et de l’cc autre » qui est le « non moi ». En face de cela il y a cette idée d’une existence sans conflits, sans désirs, sans recherches, sans poussées contradictoires. En prenant conscience de notre état de tension, nous pouvons contempler tout le tableau en nous-mêmes, les crispations issues d’exigences contradictoires, de conscience, d’idées, de recherches opposées.

 

C’est cette dualité, cette opposition dans nos désirs, avec leurs craintes et leurs contradictions, qui entraînent le conflit. Il me semble que ceci est assez clair quand nous observons la chose en nous-mêmes. Ce thème se répète sans cesse, non seulement dans notre vie quotidienne, mais encore dans la vie religieuse - entre le paradis et l’enfer, le bien et le mal, le noble et l’ignoble, l’amour et la haine et ainsi de suite. Si je puis vous le suggérer, je vous en prie, ne vous contentez pas d’écouter les paroles, mais observez-vous vous-mêmes, sans analyser mais utilisant l’orateur comme un miroir dans lequel vous pouvez vous contempler réellement, prenant ainsi conscience du fonctionnement de votre esprit et de votre cœur, tandis que vous regardez dans ce miroir. On peut voir comment la division sous toutes ses formes, la séparation ou la contradiction en soi-même ou en dehors de soi-même, suscitent inévitablement un conflit entre la violence et la non-violence.

 

Ayant constaté cet état de choses tel qu’il existe vraiment, est-il possible d’y mettre fin, non seulement au niveau superficiel de notre conscience, dans notre vie quotidienne, mais aussi très profondément aux racines mêmes de notre être, de sorte que n’existent plus aucune contradiction, plus d’exigences ou de désirs en opposition, plus d’activité de l’esprit dualiste ? Comment faire ? Nous cherchons toujours à jeter un pont entre le « moi » et le « non moi » - le « moi » avec ses ambitions, ses élans, ses contradictions, et le « non moi » qui est l’idéal, la formule, le concept. Nous cherchons toujours à jeter un pont entre ce qui est et ce qui devrait être ; et par là, donnons naissance à un état de contradiction et de conflit où se perdent toutes nos énergies. Notre esprit peut-il cesser de diviser, ne peut-il pas demeurer complètement avec ce qui est ? Et dans la compréhension de ce qui est, subsiste-t-il un conflit quelconque ?

Krishnamurti