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Divine Maya

Publié le par P.Vigneau

 

Le concept de maya est central dans le Vedanta où il désigne à la fois l'illusion cosmique, mais aussi le pouvoir de création qui engendre le monde manifesté sous la forme d'un voile d'ignorance qui se surimpose au Brahman: l'Asolu.

Maya est le plus souvent considérée comme l'origine de toute erreur "La Grande Illusion" 
Ainsi maya désigne souvent pour les occidentaux, une illusion cosmique, mais d'autres voie spirituelles l'interprètent d'une façon réaliste. Pour le Shivaïsme du Cachemire, comme pour le Vishishadvaita, maya est la manifestation d'un pouvoir divin, une force de création, de connaissance et non un voile d'ignorance.

Shri Aurobindo considère que maya n'est nullement illusoire, mais c'est le pouvoir de création de la Mère divine. Pour lui, l'ancien vedānta est réaliste. Il considère l'illusionnisme attribué à Shankara comme une évolution tardive.

Pour le Vedānta réaliste, maya est la force qui suscite la multiplicité. Mais la multiplicité est parfaitement réelle. C'est l'opposition entre la multiplicité des objets sensibles et la simplicité supposée du Brahman qui a sans doute conduit certains penseurs à accuser d'illusion le monde perçu.

L'Atma yoga, comme Sri Aurobindo, n'accepte pas la théorie de mâyâvâda, exposée par Shankara, et refuse de voir une dichotomie irréductible entre le pourousha et la prakriti - l'âme et la nature - du système samkhien.

Pour avoir la vision de Brahman il n'est pas nécessaire de nier prakriti ou mâyâ. Mais la conscience doit être purifiée, elle doit manifester la lumière, la paix, la félicité et l'harmonie de la nature divine.

Sri Aurobindo affirme que si la théorie de mâyâ est poussée à l'extrême, cette théorie elle-même devient illusoire; la vie est donc vraie, et n'est pas mâyâ ; elle est divinement vraie, vraie d'une réalité féconde. Pour arriver à cette compréhension, l'homme doit entreprendre une discipline de purification dont les effets modifieront le corps autant que le mental.

On peut constater que le terme " Maya " se trouve contenu dans le noms des cinq gaines présentes dans les divers corps qui constituent l'être humains :
 
- Annamâyâ-kosha. Gaine de nourriture dans le corps grossier
- Prânamâyâ-kosha. Gaine de l'énergie vitale
- Manomâyâ-kosha. Gaine du mental => corps subtil
- vijnânamâyâ-kosha. Gaine de l'intellect
- Ânandamâyâ-kosha. Gaine de félicité dans le corps causal

La Grâce

Publié le par P.Vigneau

"La Grâce suprême n'agira que dans les conditions de la lumière et de la vérité: elle n'agira pas dans les conditions imposées par le mensonge et l'ignorance. Car si elle devait se soumettre aux exigences du mensonge, ce serait la ruine de ses propres desseins.

Voici les conditions de lumière et de vérité, les seules conditions sous lesquelles la Force la plus haute descendra; et c'est seulement la plus haute Force supramentale descendant d'en haut et s'ouvrant le passage d'en bas qui pourra manier victorieusement la nature physique et annihiler ses difficultés…

Il faut un don de soi total et sincère, une ouverture de soi tournée exclusivement vers le Pouvoir divin, une admission, constante et intégrale de la Vérité qui descend, un constant et intégral rejet du mensonge, des pouvoirs et des apparences du mental, du vital et du physique qui gouvernent encore la nature terrestre.

Le don de soi doit être total et s'étendre à toutes les parties de l'être. Ce n'est pas suffisant que le psychique réponde, que le mental supérieur accepte, ou même que le vital inférieur se soumette et que la conscience physique intérieure sente l'influence.

Il ne doit rien y avoir, dans aucune partie de l'être, même la plus extérieure, qui se réserve ou qui se cache derrière des doutes, des confusions, des subterfuges, rien qui se révolte ou se refuse.

Si une partite de l'être se soumet, mais qu'une autre partie se réserve et suive son propre chemin ou pose ses propres conditions, alors chaque fois que cela se produit, vous repoussez vous-même la Grâce Divine loin de vous.

Si derrière votre dévotion et votre soumission, vous abritez vos désirs, vos exigences égoïstes et vos insistances vitales, si vous mettez ces choses à la place de l'aspiration vraie ou que vous les mêliez avec elle et que vous vous efforciez de les imposer à la Shakti Divine, c'est en vain que vous invoquerez la Grâce Divine pour vous transformer.

Si vous vous ouvrez d'un côté ou dans une partie de votre être à la vérité, et que d'un autre côté vous ouvriez constamment les portes aux forces hostiles, il est futile d'espérer que la Grâce Divine demeurera avec vous. Vous devez garder le temple propre si vous désirez y établir la Présence vivante.

Si, chaque fois que le Pouvoir intervient et fait descendre la Vérité, vous lui tournez le dos et rappelez le mensonge qui a été expulsé, ce n'est pas la Grâce Divine que vous devez blâmer de vous faire défaut, mais la fausseté de votre propre volonté et l'imperfection de votre propre soumission.

Si vous appelez la Vérité et en même temps que quelque chose en vous choisisse ce qui est faux, ignorant et non divin, ou même simplement ne soit pas disposé à le rejeter totalement, alors vous serez toujours exposé aux attaques et la Grâce se retirera de vous.

Découvrez d'abord ce qui est faux et obscur en vous-même et rejetez-le avec persistance; alors seulement vous aurez le droit de faire appel au Pouvoir divin pour qu'il vous transforme. "

(Mère)

 

 

Si vous avez en vous une conscience suffisamment éveillée, l'Atma veillera sur vous, préparera votre chemin, il peut attirer à vous les choses qui vous aident ; attirer les rencontres, les livres, les circonstances, toutes sortes de petites coïncidences qui viennent à vous comme si elles étaient amenées par une volonté bienveillante et qui vous apportent une indication, une aide, un soutien pour prendre les décisions et vous orienter dans la bonne direction.

Mais une fois que vous avez pris cette décision, une fois que vous avez décidé que vous trouverez la vérité de votre être, une fois que vous avancez sincèrement sur le chemin, alors tout vous aidera à avance, même si ce n'est pas comme vous le penseriez. »

 

 

 

Atma

Publié le par P.Vigneau

La félicité nait du contact avec l'Atman" (Ramanuja)

 

L’Atma est infiniment plus que la simple somme de nos différentes parties. Atma vit en nous. Personne ne peut voir comment il pénètre dans le ventre de la mère ou comment il quitte le corps d’une personne sans vie. Il vient et il va. Le corps physique change, exactement comme nous changeons nos vêtements. Atma, l'âme n’est jamais né. Il est immortel, éternel, divin et immuable. Atma lui-même n’a pas besoin de se développer, il est complet. Seule la conscience doit être purifiée  afin d’être en mesure de discerner sa véritable nature.

Atma est la vie, l’énergie pure. Par exemple, dans la graine d’un arbre se trouve déjà contenu l’arbre dans sa globalité. L’énergie qui anime toute chose et dont chaque chose émane est l’Atma. Atma est l’essence de Dieu. Il n’est pas seulement divin, il est Dieu lui-même.  Atma est comme une lumière, une flamme inextinguible. Cette lumière en nous est seulement voilée et dissimulée sous nos Karmas. Comme le feu est couvert par la fumée, ou un diamant reste ignoré du fait des couches de poussière et de saleté qui le recouvrent.

Toute flamme, que ce soit celle d’une bougie, d’une torche ou d’un tas de bois auquel on a mis le feu, est identique dans son essence. Le feu n’a pas besoin de se développer, il est et sera toujours le feu. La qualité de chaque flamme est la même-contenue à l’intérieur de la plus infime parcelle réside le même potentiel immense d’énergie. 

Dans la philosophie du Vedanta, la philosophie fondamentale du Yoga, Atma est décrit en tant que Sat-Chit-Ananda. Sat veut dire vérité, Chit conscience et Ananda béatitude. Atma est donc vérité, conscience et béatitude. 

De nombreuses personnes demandent à quoi elles devraient penser lors de la méditation et sur quoi elles devraient se concentrer. Au début, on se concentre sur la respiration, sur le corps, ou sur l’état de relaxation des muscles. Puis on peut visualiser le soleil ou un symbole divin.

Mais la vraie méditation est Atma Chintana, concentration sur Atma. À ce stade, notre concentration va au-delà du corps physique et n’est plus occupée par la pensée de la posture de méditation. Toute imagination est suspendue, ainsi que tous les désirs terrestres et les pensées. Dans Atma Chintana, il n’y a pas de visualisation de lumière, de lune ou de soleil.

Il n’y a pas d’attention portée à la montée de la Kundalini, à l’ouverture des Chakras ou à l’obtention de pouvoirs surnaturels. Tout cela relève des niveaux de méditation pour débutants. Ne restez pas fixé sur ces méthodes, méditer seulement sur Atma Chintana. Soyez toujours conscients de cela - ressentez et expérimentez cela. Afin d’apaiser l’esprit et de renforcer le pouvoir de concentration, le Mantra est utilisé en tant que support. Le recours au Mantra purifie et libère l’esprit afin que l’Atma puisse émerger.

À ce stade de Réalisation, le Yogi n’a plus qu’une pensée: “Qui suis-je?” C'est l'Atma Vichara. Ceci est la contemplation du Yogi, pas seulement lors de la méditation mais également lors de chaque mouvement et dans toutes les situations de la vie. C’est l’appel du Moi, le chant de son cœur. En tant qu’humain nous nous sentons souvent faible et démuni. Nous pensons que Dieu est loin et difficile à atteindre. Mais Dieu est omniprésent. Dans la vie, nous devons toujours chercher à développer des pensées confiantes et élevées, car les pensées ont un grand pouvoir et peuvent tout réaliser.

Alors que nous progressons dans la méditation, la capacité de perception spirituelle se développe. L’Atma n'est pas une perception astrale ni énergétique. Nous devons d’abord reconnaître l'âme en chaque être vivant.

La dualité prévaut dans notre monde actuel, mais une personne sage peut reconnaître l’unité qui se manifeste sous de nombreuses formes différentes. Lorsque le sage considère deux jarres devant lui, il est conscient que la terre qui a servi à les façonner est la même. De la même manière, celui qui a atteint la Réalisation du Soi, la Réalisation de Dieu, ne voit pas les formes extérieures mais plutôt la réalité qui leur est inhérente, l’Atma.

Mais comprendre cela intellectuellement ne suffit pas, nous devons le sentir et l’expérimenter plus profondément en nous. Une fois que nous avons entendu l’appel de l'Atma, alors nous n’avons plus de désir pour les Siddhi ou les miracles. Nous n’avons plus besoin de rien d’autre pour être heureux. Nous ne cherchons plus quelqu’un qui nous tende la main; au lieu de cela, nous tendons notre main aux autres car nous savons que “Je suis l’ Atma qui vit aussi dans les autres. Nous ne sommes pas deux, mais Un. Nous pouvons nous trouver dans des corps différents, mais le corps est transitoire. Notre réalité existe dans l’unité qui est immortelle.”

Tant que nous nourrissons des pensées duelles, des pensées de séparation, nous entretenons une grave erreur. Nous nous venons en aide à nous-même lorsque nous dépassons ce type de pensées. Alors nous considérons ce monde telle une simple manifestation de notre esprit, car c’est notre esprit qui a en réalité engendré le monde tel que nous le voyons devant nous. Nous réalisons que toute la création est transitoire et passe comme les vagues de l’océan. En temps voulu, toutes les vagues retournent dans l’océan et s’unissent à lui. Un jour également, le monde tel que nous le connaissons disparaîtra et tout ce que nous verrons partout autour de nous sera Dieu le Suprême, notre Atma.

Alors pratiquez Atma Chintana lors de la méditation. Découvrez que vous êtes fort, pur, heureux et immortel. Vivez maintenant, dans le présent. Ne vous engluez pas dans le passé. Hier est passé et ne reviendra jamais. Ne rêvez pas non plus à un futur “meilleur”. Le futur n’est pas encore là et nous ne l’atteindrons jamais, car le futur est uniquement latent dans le présent. Demain reste demain, et après-demain reste toujours après-demain. Vivez toujours dans le présent. Lorsque nous serons conscients de cela, nous aurons dépassé le temps et vivrons en son centre en tant que spectateur et témoin bienveillant de tout changement.

 


 

Emerveillement

Publié le par P.Vigneau

Selon l'interprétation courante, l'adoration du Divin impersonnel ne relèverait pas strictement d'un yoga de la dévotion, car les formes habituelles du yoga supposent que l'Impersonnel ne peut être recherché que pour une unité complète où Dieu et notre propre individualité disparaissent, et il ne reste plus personne pour adorer ni personne pour être adoré; il ne reste que la félicité de l'expérience de l'unité et de l'infinitude. Mais, en vérité, les miracles de la conscience spirituelle ne peuvent pas s'enfermer dans une logique si rigide. Quand nous commençons à sentir la présence de l'infini, c'est la personnalité finie en nous qui est touchée et, par conséquent, elle peut fort bien répondre au contact et à l'appel par une sorte d'adoration. (Sri Aurobindo)

 

La spiritualité n'est pas une discussion à propos de l'éveil, mes amis. La spiritualité n'est pas à un dialogue à propos de la réalisation.  La spiritualité est la reconnaissance de la vie, c'est la vie qui chante, qui jubile. 

 

 

Notre monde est un théatre où drame et comédie se juxtaposent.

Notre regard est important, il éclaire tel ou tel aspect du monde.

Nous nourrissons la beauté ou la violence, à chaque instant. Si nous cherchons la beauté nous ne pouvons alimenter la violence.

Nous nous faisons violence en négligeant notre sensibilité, nos besoins de douceur, de fantaisie ainsi que notre élan de vie pour jouer et créer.

Cette violence intérieure se répercute à l’extérieur dans notre rapport aux autres, à la nature et au corps.
En mettant toujours l'accent sur le faire et l'avoir, nous créons un monde d'agitation dans lequel nous oublions d'Etre. L'enfant fragile ne connait que l'être, mais e
n grandissant, il échange peu à peu sa capacité d’émerveillement contre la capacité de comprendre, et d’essayer de maîtriser le monde.

En perdant de vue sa beauté, son mystère, sa magie, le monde nous apparait violent. Nous révons d'un monde différent. Aujourd'hui réjouissons nous car nous sommes de plus en plus nombreux à prendre conscience que le changement intérieur est la clé du changement extérieur.


Aujourd’hui, le développement de l’intériorité devient une priorité chez beaucoup. Il est devenu évident que le développement psycho-spirituel profond est la clé du développement social juste et durable.

Et pour changer de niveau de conscience nous devons faire l’expérience de la vivance: nous sentir vivant, ouvert et relié à ce mouvement d’expansion et d’interaction qu’est la vie.

Cette expérience transforme, et fonde notre capacité à retrouver le sens du beau et de l'émerveillement..

L'émerveillement, c'est l'oubli du moi dans l'ouverture au beau en soi ...

Emerveillement

Supramental

Publié le par P.Vigneau

 Notre conscience mentale actuelle se considérant comme la Conscience, le terme "Etre soi" pourrait être pris pour du "mental supérieur" ou du mental unifi. Mais ce dont il s'agit est au-delà de la nature mentale. Le mental dans ses aspects de "mental supérieur"  représente les qualités d'être.

La Conscience d'être soi  est en même temps une conscience au-delà du mental, et une présence de vérité. Ramana Maharshi en parle comme du Soi. Il s'agit aussi de l'Atman dont parlent les Upanishads. L'Atma yoga reprend ce terme.

Le mot supramental est utilisé pour parler de quelque chose de totalement différent du mental.
L’utilisation du terme de supramental dans son usage premier conçu par Sri Aurobindo et Mère, concerne la sphère de Conscience de vérité; un au-delà (supra) du mental et non pas du tout un mental supérieur.
Notre mental humain actuel est  confiné au champs d’une conscience personnelle.

 

L’impersonnel n’est pas le contraire du personnel, car l’impersonnel est tout ce qui, concernant l’être humain vivant, ne forme pas encore le champs personnel de conscience de l’être humain vivant.

Le champs personnel de conscience se forme en fonction de ce dont l’être humain vivant devient conscient.
Chez l’humain vivant, le champs personnel de conscience est fait de pensées, de sentiments, d’émotions et de sensations personnels reflets des expériences à travers le corps concernant la vie dans le monde terrestre.
Quand la conscience dans le corps humain vivant n’est pas confiné à ce champs personnel, une évolution se réalise au-delà du connu. Le connu étant ce qui forme le champs personnel de conscience chez l'humain.
Par contraste, tant que la conscience de l'humain demeure confiné à ce connu, alors l'être conscient ne s’épanouit pas au-delà de ce champs personnel. Il demeure dépendant de ce champs de conscience personnel pour sa perception et sa relation avec la vie terrestre.

 

Le mental est la substance universelle de conscience de notre monde  terrestre.
Dans son aspect impersonnel, le mental est une étendue océanesque lumineuse et sans vagues au goût d’infini en sa source, mais cela peut aussi être comme une mer en folie dans les mondes du vital, ou cela peut être rigide comme de la pierre dans notre monde physique.

L'Atman n’est pas la même chose que le mental.
Le mental est une substance de conscience conditionnée.

L'Atman est la manifestation d’un Etre Absolu indéfinissable et non manifesté. Cette conscience est  non spatialle, non temporelle et donc sans forme. Alors qu’en son aspect manifesté l'Atma universel habite toutes les formes possibles et inimaginables, en son aspet personnel l'Atman intégre un corps particulier.

 

extrait de "la source ineffable"

Publié le par P.Vigneau

Manoharan, le sage indien que j'avais rencontré à Calcutta et qui me guida au début de ma quête spirituelle me dit aussi: « acquiers d'abord la paix intérieure, tout le reste viendra ensuite! »

Cela me marqua puissamment. Ces quelques mots furent pour moi essentiels. « Acquiers d'abord... la paix intérieure ».

La priorité, c'est la paix intérieure.

Je rapprochais cette parole de celle de Jésus: « cherche d'abord le royaume de Dieu, tout le reste te sera donné par surcroit! »

Patanjali, maitre du yoga écrivit: « Le but du yoga est l'apaisement du mental ».

Et la grande découverte fut de comprendre que la paix est déjà là, dans les profondeurs de la conscience.

Mais il y a un cheminement à effectuer pour la réaliser. Un cheminement intérieur.

Le voyage vers la paix m'a conduit de la connaissance de moi, et à la découverte du Soi.

Le Soi n'est pas un moi plus grand. C'est ce qui est au delà du moi. Non ce n'est pas un jeu de mots. Notre être n'est pas limité au moi.

Le moi est le corps-mental aussi appelé ego. Le moi est un ensemble de conditionnements qui constituent la personnalité.

Au delà de ce moi, est le Soi, c'est radicalement autre chose. Mais comme le Soi est au-delà du mental, les mots sont inadéquats pour le décrire......

La source ineffable

Publié le par P.Vigneau

 

"Quelque chose de totalement nouveau se mettait en place dans mon cheminement. Quelque chose qui dépassait tout ce que j'avais imaginé jusqu'alors. J'ai commencé en cherchant la paix, puis j'arrivais à découvrir par le corps la présence de l'âme, l'atma.

 

C'est avec beaucoup de patience que les maîtres spirituels tentent d'éveiller les consciences. Et c'est aussi avec beaucoup de patience qu'un disciple va cheminer.

Les étapes d'un chemin spirituel sont une préparation à l'abandon à Dieu, pour parvenir à l'éveil de la conscience de l'âme... dans le corps.

 

Mais pour cela il faut parcourir un chemin de libération de l'emprise de l'ego dans notre vie. Cela n'est pas instantané. On ne peut le réaliser en quelques jours."

 

extrait de "la source ineffable"

Evidences

Publié le par P.Vigneau

Divers




*
Tant que je veux me changer, je ne m’écoute pas réellement, je projette des désirs sur ce que je rêve d'être.
Ne m’écoutant pas, je ne perçois pas ce qui se vit réellement en moi.

*

Le spirituel s'est l'emergence de la plénitude  du présent.

*

La voie est un chemin. La compréhension juste et véritable  ne s'opère que par la  pratique. Le dépouillement, ou simplification, ne peut véritablement s'effectuer qu'après une longue pratique. Dépouiller la voie intellectuellement ne sert à rien. C'est même une voie de garage.

*

Ceux qui méditent beaucoup développent souvent une forme subtile d’ego. Ils sont contents à l’idée de faire des progrès ; ils sont contents des états de paix ou de félicité qu’ils éprouvent ; ou bien ils retirent de la satisfaction du fait d’avoir trouvé un bon Gourou, ou une bonne méthode de méditation. Tous ces sentiments sont des sentiments de l’ego. Quand de tels sentiments sont présents, la conscience du Soi est absente. Ne vous inquiétez pas de savoir si vous faites des progrès ou non. Gardez simplement votre pure tranquillité. Il n'y a rien à prouver, rien à acquérir, rien de quoi s'enorgueillir.

 

*

Tous les êtres existent par cet Être; toutes les choses sont les faces de Dieu; toute pensée, toute action, tout sentiment et tout amour proviennent de lui et retournent à lui; tous leurs résultats ont lui pour source, pour support et pour but secret. C'est vers cette Divinité ou cet Être que coulera et s'élèvera la bhakti de l'Atma yoga.

 

*

La pratique spirituelle est souvent vue comme une sorte de décollage vertical, hors de ce monde dans un au-delà transcendant, un ciel, ou le nirvana. Pour l'Atma yoga  cette façon de voir est incomplète.  Le but est quelque chose d’une toute autre portée. Si seulement nous voulions participer consciemment à l’évolution, nous serions capable de créer une « vie divine » ici même, sur terre. Pas de décollage vertical, ni de grande évasion, mais un déploiement dynamique d’harmonie et d’unité, ici-bas, en ce monde.


*


L'immense découverte à faire, la seule qui mérite véritablement d'être faite, est de reconnaitre qu'on ne sait RIEN, et qu'onn'est rien.

Horreur pour l'ego, merveille pour l'âme !

*

Quand le mental est tranquille et en paix, l'Ame peut travailler plus facilement. 

*

Rencontres de printemps- été

Publié le par P.Vigneau

 Le plus beau cadeau
que je puisse te faire
est celui de t’aider à prendre conscience
de la beauté qui est en toi.
 

Stages et rencontres printemps été 2014 
 

- A La Ligerie 49110 la Boissière sur èvre 

 

8/9 juin : Pratiques de Clarification Qui suis-je?  ,   100€ 

22 juin : l'art de l'écoute  55€

4 au 8 juillet Retraite Atma yoga
 

- A Paris les 16 et 18 mai Ass Etre Présence

- A Seix, Ariège

Tourisme - Randonnées - Partages - Méditation - Relaxation - Atma yoga

du 12 au 18 juillet
du 9 au 15 aout    

Cout: 100€  logement par vos propres moyens à Seix 09140

 
enpaix@orange.fr

Soi

Publié le par P.Vigneau

 

En s'éveillant à notre vrai nature, nous retrouvons notre état naturel, nous nous reconnaissons nous-même.

Libéré du rêve de la personnalité jaillit la présence de l'âme, le Soi, que nous sommes.

La surprise, l'émerveillement, est dans la découverte que c'est notre état naturel.

Ce qui se révèle n'est rien d'autre que Soi, ici et maintenant.

 

***

Dans la conscience mystique du Soi, la pensée et le souffle s'immobilisent, l’égoïsme s'efface. En lui disparait toute trace d’attachement. En lui s'engloutissent toutes les expériences : vide et plénitude, compassion et détachement, devenir et extinction. En lui, tout est Un.

***

 

"Vous devez continuer à discriminer, à convaincre votre mental - au prix d'efforts soutenus - que le japa, la méditation et tous les autres exercices spirituels ont pour but votre Eveil. Tout au long de ce pèlerinage, il ne faut jamais faiblir; ce qui compte c'est l'effort ! Aussi devez-vous essayer d'être possédé continuellement par cette quête; elle doit faire partie de votre être. 

Que l'on choisisse le chemin de la dévotion, où le "je" se perd dans le "Toi", ou le chemin de la quête du Soi, du vrai "je", c'est Lui seul que l'on trouve aussi bien dans le "Toi" que dans le "Je". (...)
La négation aussi bien que l'affirmation sont l'une et l'autre "Toi", l'Unique." (Ma Anandamayi) 

 

 

" Soyez dans l'Amour, le Silence et la Paix. Même au travail, le silence vous guidera." (Sri Shiva Shakti )

Mutation

Publié le par P.Vigneau

Il y a une urgence impérieuse d’une évolution, d’une mutation des consciences. Non pas selon un rêve transcendantal, mais selon une sagesse très terre à terre. Une véritable sagesse, de cette sagesse qui conduit a faire des choix « justes ». C’est à dire non ego-centré.
En effet, n’est-ce pas l’égoïsme humain qui produit le désastre écologique qui s’annonce ? N’est ce pas l’avidité personnelle qui conduit à promouvoir l’enrichissement comme but de vie ? Soif de gagner de l’argent qui aboutit à des montages financiers provoquant les crashs boursiers et les faillites. La crise financière a été créée par la cupidité et la soif aveugle d’argent. La dictature des marchés financiers ne s’intéresse pas à l’humain, et elle menace très directement la paix sociale.
Le monde avance aujourd’hui en produisant de plus en plus d’inégalités entre les grands riches et le vaste peuple. Est-ce cela le progrès ? Est ce cela que nous voulons ?
Une civilisation qui crée la pollution et favorise l’extinction des espèces est fondamentalement malade.


Personne ne peut consciemment défendre ce comportement.


La complexité du monde ne doit pas nous conduire à la passivité. La pire des attitudes est l’indifférence.
Car nous pouvons toujours apporter notre contribution à l’évolution du monde.

Les armes de distraction massive sont de plus en plus dangereuses. Le monde virtuel qui propose une gigantesque médiathèque est un formidable outil d’information mais aussi d’abrutissement des consciences.


L’abreuvement quotidien d’informations tue la réflexion profonde. La jeunesse perd le sens du réel, de l’effort, de la patience, de la relation humaine. Le système éducatif a perdu aussi le sens de la vie véritable, puisqu’on instruit l’enfant pour l’intégrer à un système malade. Et cet enfant se distrait avec multiples écrans afin d’oublier son mal-être.
Une seule chose importe et guide tout : l’économie. Les soins hospitaliers sont soumis à la rentabilité à tout point de vue. L’humain n’est plus considéré qu’en tant que machine dans un système gigantesque ou l’économie est devenu le dieu tout puissant. Les hommes politiques ne sont plus que des girouettes gestionnaires dont le but premier est de séduire l’électeur.


Nous pouvons raisonnablement penser qu’il n’y a rien à attendre de la classe supérieure de la société. Politiques et grands dirigeants ne peuvent envisager de changer les choses, car ils bénéficient de ce gigantesque drame.
A court terme, cela leur profite, financièrement. Ils vivent en castes, en circuit fermé, coupés des réalités. Alors ils bricolent des ajustements pour retarder l’écroulement. Ils manipulent les consciences pour faire croire qu’il n’y a pas d’autre alternative.
L’activité humaine n’est plus que mensonge, fuite du réel, faux-semblant, manipulation.
Comment vivre, sans authenticité, sans une réflexion approfondie sur ce qui nous anime, sans engagement essentiel ?
Et si puissantes que soient les forces qui conditionnent l’individu, l’homme a la faculté de prendre des décisions qui vont influencer son destin. Ce pouvoir de prendre position, de décider ne se perd jamais.


Chaque être humain demeure limité et sa liberté aussi. Cependant, même s’il n’est pas totalement libre par rapport aux conditions qui l’entourent, il conserve la liberté d’interpréter et de prendre position à l’égard de ces facteurs.
Ainsi, chaque personne possède la liberté de changer, et beaucoup plus qu’il ne l’imagine.
Car l’une des principales caractéristiques de l’être humain est sa capacité à créer. Chacun est créateur, chacun peut décider de sortir des habitudes, chacun peut créer des comportements nouveaux. Même si cette capacité est peu utilisée, elle existe.
Chacun est capable de faire des choix différents, à tout point de vue. Chacun peut prendre des décisions afin de changer beaucoup de choses dans sa vie. Et donc dans ce qui l’entoure.
Chacun influence le monde consciemment ou pas. Chacun peut décider de continuer sa vie telle qu’elle est, ou bien de la transformer. C’est là notre liberté.


Et nous pouvons l’exercer ou pas.
Ensuite l’aptitude à réussir dépend souvent de l’intensité de l’engagement.
De plus, j’ajouterai que nos choix, qu’ils soient délibérés ou en réaction à des pressions, sont aussi orientés par une force de vie qui nous dépasse complètement.


Le temps est venu de retrouver la beauté de la sagesse, de refuser l’utilitarisme mercantile qui transforme l’homme en machine à consommer. Le temps est venu de décider si l’on fait quelque chose ou si on laisse les autres faire pour nous.


L’homme s’est laissé enfermer par son égoïsme. La recherche actuelle de qualité de vie marque indéniablement un besoin de changement. Mais il est nécessaire de comprendre que notre recherche de bien-être ne peut se réaliser sans un éveil de la conscience. C’est beaucoup plus qu’un désir d’amélioration qui est requis.

L’éveil de la conscience est une ouverture au nouveau.
Et sans cette ouverture, rien de nouveau ne peut apparaître, ou plus exactement surgir.


Une nouvelle étape de l’évolution humaine se décèle dans la crise de la société.
Pour l’individu, cette évolution nécessitera un choix. Choix de vie, choix de conscience, qui permettra une ouverture au nouveau. Cela se ressentira comme la venue d’une force, d’une énergie, qui semblera totalement nouvelle.
Et pourtant qui aura toujours été là. Comme une graine qui n’avait pas encore germé.
Ce n’est pas un idéal, ni une formule poétique. Il y a réellement quelque chose de totalement nouveau qui attend. Une force qui peut modifier certains éléments essentiels de notre conscience.

extrait de "Le pouvoir des décisions"

Patrick

Publié le par P.Vigneau

Très jeune, je savais qu'il existait une autre réalité. C'est à 24 ans que j’ai rencontré, en Inde, mon Maître: Maa. J'étais despéré à ce moment là quand elle me révéla, j'en fis l'expérience, qu'au dela de ma souffrance existait un état de conscience pur et lumineux.

Elle m'a d'abord initié au Kriya Yoga avant de m'enseigner l'Advaita. Mais pas l'Advaita strict qui est à la mode aujourd'hui , jouant sur les désidentifications mentales. Non c'est le Vishishadvaita que j'ai pratiqué et qui conduit à la réalisation de l'Atma, à la fois Un et multiple.

Bien plus que les Asanas, Pranayama, ou les deconstructions des croyances et autres procédés , c'est l'ouverture à la Mére divine que j'ai vécu à chacun de mes séjours à ses cotés pendant les 18 années d'une relation privilégiée de Maître à disciple.

Découverte d'autres états de conscience.... tout au long de la sadhana.

Son enseignement me conduisit  finalement à l'Atma Yoga. Une perspective nouvelle s'éveillait. L'éveil n'est pas un but en soi! 

Puis un jour, suite à une grand choc, un élan me prit pour faire comme le Bouddha, de consacrer absolument toute mon énergie à découvrir la vérité. Ramakrishna avait bien dit qu'en 3 jours d'intense aspiration on pouvait réaliser Dieu. Je décidais de m'enfermer dans une chambre et de chercher en moi, au plus profond de moi, sans aucune distraction...  

"Assis en méditation depuis quatre jours, tendu vers une autre rive, tout à coup je m'effondrais d'épuisement ! Je compris que cela me dépassait. Le choix d'arreter se présenta, mais je ne voulais pas. Alors il y eut un grand lâcher-prise, je m'abandonnais, cessais tout effort... J’avais fait tant d'efforts. Et là, sans m'y attendre, brusquement, une porte s’est ouverte. C’est arrivé dans un état de total relachement; c’est  ainsi que cela arrive. Au moment où la tension de la recherche s’arrête, où je ne me suis attendu à rien, où tout en moi a cédé, cela se produisit. Une nouvelle conscience se manifesta. Elle venait de nulle part et de partout... Ce fut comme une explosion. Elle n'était que joie et lumière... Elle était tout. Alors la vérité se révéla, la quête cessa, il n'y avait desormais plus de manque... seul un grand rire au fond du coeur"  (extrait de : La source ineffable) 

J’ai longtemps gardé discrétement cette expérience,  , jusqu'au jour où m'est venu une évidence: si cela peut aider aujourd'hui quelqu'un dans sa quête, pourquoi la gar-der "secrete". Même si ce que j'avais vécu était vraiment très particulier, cela ne m'appartient pas.

Après le départ de Maa, pendant les 10  années suivantes, j’ai expérimenté un retour dans la vie sociale  , j’ai seulement enseigné l'art de vivre détendu et accompagné quelques personnes intimement dans leur recherche spirituelle.

Ces expériences m’ont beaucoup appris sur les souffrances propres à notre pays et m’ont permis d’élaborer une approche adapté aux occidentaux selon les principes de l'Atma yoga.

http://letao.voila.net/

 

                      

 

                      

 

 

                      

 

                      

 

 

      

 

aux éditions Charles-Antoni l'Originel

aux éditions Quintessence

aux éditions Tao

des livres pour expliciter une voie , un processus, un chemin d'éveil de la conscience.

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Shaktipat est le toucher de la Grâce, la transmission d'énergie au chercheur de vérité, le déclencheur d'un éveil, le phénomène qui induit une modification dans la conscience.

Cela peut survenir de nombreuses manières, par le contact avec un sage, par une absorption sensorielle, par une "descente" de la grâce, et même par la lecture d'une phrase ou par une parole qui arrive au bon moment

 

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L’abandon commence par l'acceptation. Mais ce dont je parle n’est pas l'approbation. Cela ne signifie pas d’aimer ce qui arrive ou de vous retenir de faire quelque chose pour le modifier. L’acceptation est la reconnaissance que cela existe, tel que c’est maintenant, en tant que part d’un fonctionnement plus vaste.

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Arrêtez tout effort en vue d'obtenir ce qui est censé vous apporter la paix ou la vérité. La seule chose nécessaire est un instant d'abandon véritable.

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Quand on en est pleinement convaincu et que l'on sent qu'il y a plus rien à acquérir dans le monde, alors on éprouve une paix totale.

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La pratique se continue tout le temps, jusqu’au dernier jour. Il y a bien sûr des moments où l’on pense ne plus rien avoir à faire, mais c’est un piège. Il ne faut pas attendre que ça arrive, passivement. Quand les gens me disent « ça arrivera ou pas », je leur dis d’aller de penser au Bouddha qui a décidé de s'assoir et de ne plus bouger jusqu'à ce que ça arrive…Tant que l’on a pas atteint le but il faut continuer, même à méditer. Bien entendu on méditera différemment, mais il faut continuer.

 

 

 

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Il existe des exemples de réalisation du Soi survenue par la grâce de Dieu, alors que d'autres fois on s'aperçoit qu'Il éveille en certains une soif insatiable de Vérité. Dans le premier cas, la réalisation vient spontanément, dans le second, l'on n'y parvient qu'après de nombreuses épreuves. Mais tout ceci n'est que l'oeuvre de Sa Grâce.

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Le défi fondamental consiste à entrer soi-même  et à écouter le silence  en soi. La voie à suivre pour cela est celle de la méditation. La méditation est une attention incluant tout.
 
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Dans la méditation, le silence de l'esprit  aiguise votre attention entiere ; chaque cellule de l'être devient vibrante. C'est pourquoi l'âme entrant en action et œuvrant avec le mouvement de la vie est un évènement prodigieux.
 
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Quand l'esprit devient silencieux, l'âme se fait sentir comme présence silencieuse; ce silence imprègne l'être entier. L'imprégnation du silence dans la totalité de votre être est pure conscience. Pas d'intentions, ni de buts, rien à acquérir et rien à sauver ;  alors les mécanismes de défense ne fonctionnent pas. La totalité de votre être devient consciente de tout ce qui se passe en vous et en dehors de vous. Vous êtes ainsi mouvement de conscience pure.  Merveille que cela. 
 
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Le silence intérieur est la porte de la connaissance. Alors que le discours de la pensée empêche de découvrir sa vraie nature.

 

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La spiritualité s'appuie sur un ensemble de connaissances ; elle comprend aussi une multitude de pratiques que l’on ne peut pas réduire à une simple recherche du silence intérieur.

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L'Atma yoga propose une recherche expérimentale de la vérité, il ne s'agit pas d’adopter des croyances, mais d’en réaliser l’authenticité.

 

 

 

Avant de se lancer dans une recherche d'éveil, il faut au préalable clarifier ses pensées sur ce sujet, sinon on risque fort de courrir après un mirage.

Evolution

Publié le par P.Vigneau

Le changement auquel nous prépare l'Atma yoga, nous fera passer d'un ordre de vie egotique à une vie atmique, c'est à dire centrée sur l'âme.

Cette transformation devra nécessairement s'accomplir individuellement, puis se transmettre à un certain nombre d'individus avant de pouvoir se saisir effectivement de l'humanité.

 

Si l’on tend vers un but spirituel au-delà ou en dehors de ce monde, il est très aisé de maintenir la nature de ce but dans un grand flou. Les mots tels que
nirvana , éveil ou réalisation de Dieu, lorsqu’ils renvoient à un accomplissement élevé ou transcendant, peuvent signifier, disons, à peu près n’importe quoi. Mais, lorsque le but du chemin spirituel commence à être du registre de quelque chose qui doit se produire dans ce monde, les options se mettent à se réduire, et la cible a vite fait de commencer à se définir. Et pour l'Atma yoga cette cible est parfaitement claire : il ne s’agit de rien moins que de la transformation  de l’être humain sur tous les plans.
Par la consécration à la pratique d'un yoga appliqué à tous les aspects de la vie,  ce faisant, nous devenont ultimement les véhicules parfaits et sans taches de l’expression de la « conscience divine » en ce monde. 

Atman-Brahman

Publié le par P.Vigneau

Âtman-Brahman


L'un et l'autre sont Sat (= ce qui est), Tat (= Cela), autres dénominations de l'Absolu, du Un-sans-second.
Bien qu'étant identiques dans leur essence, Âtman et Brahman sont parfois différenciés en ce sens que l'Âtman est considéré comme le Brahman individuel, le Brahman étant l'Âtman universel : "Le brahman réside dans le cœur [il porte alors le nom d'Âtman] Les sages qui le contemplent au dedans de leur âme, ces sages-là possèdent, et non d'autres, le repos éternel" (Kâthaka Upanishad, II, V, 12-13).

 

 



Voici quelques caractères propres à l'Âtman tels qu'on les trouve dans quelques Upanishad :
"Tu demandes ce que c'est que le Brahman ? C'est ton propre Âtman qui est intérieur à tout !" (Brihad Âranyaka Upanishad III, 4-5).
"L'Âtman doit être perçu au moyen de l'Âtman même que l'on désire connaître. L'Âtman de celui qui désire connaître l'Âtman trouve sa propre essence" (Mundaka Upanishad, III, 2-3).
"Sa forme n'est pas un objet visible. Nul ne saurait le voir avec l'œil. C'est par le cœur, par la pensée, par l'esprit qu'on le perçoit" (Kâthaka Upanishad, II, VI, 9).
"Cet Âtman ne peut être atteint ni par l'étude, ni par la science" (Kâthaka Upanishad, I, II, 22).
La Brihad Âranyaka Upanishad s'arrête longuement sur la nature de l'Âtman :
"L'Âtman […] réside à l'intérieur du cœur, le Purusha qui est lumière. Restant identique, il passe d'un monde à l'autre, semble penser et se mouvoir". Il est "ni ceci ni cela […] insaisissable […] indivisible […] indépendant […] sans liens, il ne souffre pas, il ne périt pas." (III, IX, 26). "L'essence de l'homme [Purusha], l'Âtman intime réside éternellement dans le cœur de tout homme. Patiemment on doit l'extraire de son propre corps, comme la graine de son enveloppe" (VI, 17). "On ne le voit pas et il voit, on ne l'entend pas et il entend, on ne le pense pas et il pense, on ne le connaît pas et il connaît" (III, VII, 31).
"Cet Âtman qui est caché dans tous les êtres ne se manifeste pas. Mais il est perçu par l'intelligence pénétrante de ceux qui perçoivent les choses subtiles" (Kâthaka Upanishad, I, III, 12).


Quant au Brahman il est très fréquemment évoqué. Ainsi la Svetâsvatara Upanishad décrit longuement "l'Être éternel qui réside en lui-même". N'en citons qu'un court extrait : "Il est cet univers, il est le passé et l'avenir, il est le maître de l'immortalité. Il est l'arbitre de l'univers mobile et immobile… Il est le premier, le grand esprit… Il est le dieu unique qui, pareil à l'araignée, s'enveloppe par son essence, à l'aide des fils du pradhâna [la Nature]. Il est unique, il est libre, il est celui qui multiplie la semence unique des âmes individuelles. Il est l'agent de toutes choses, l'omniscient, la matrice et le moi, l'auteur du temps, le possesseur des qualités, le maître de l'indéveloppé et de l'Âtman individuel, la cause de la transmigration et de la délivrance" (Svetâsvatara Upanishad, III, 12 et sq.).

On retrouve fréquemment ce même type de longue énumération comme si les auteurs voulaient donner l'équivalent stylistique de la profusion métaphysique : le Brahman est tout et son contraire ! Ainsi la Mândûkya Upanishad (6, 7) après nous l'avoir présenté ("Il est le Seigneur de toute chose, il est omniscient, il est le régisseur interne, il est la matrice de l'univers, il est le commencement et la fin des êtres. C'est l'Âtman, c'est celui qu'il faut connaître"), nous laisse face à des qualificatifs que notre raison ne peut concilier. C'est bien là le but de l'auteur, Brahman-Âtman échappant par essence à toute conceptualisation : "Sans intelligence interne, sans intelligence externe, n'étant pas non plus un faisceau d'intelligence, n'étant ni intelligent ni inintelligent, invisible, échappant à toute relation, imperceptible, sans signe distinctif, ne tombant pas dans la pensée, ne pouvant être décrit, ayant pour essence l'idée d'homogénéité… tel est l'état suprême du Brahman".
Pourtant certains textes n'hésitent pas à le personnifier : "Lui seul reste éveillé dans la destruction de l'univers […] C'est par lui que cet univers est médité, c'est en lui qu'il revient se dissoudre." (Maitri Upanishad, VI, 17). Cela peut aller jusqu'à une forme de dualisme (les Upanishad restant cependant de nature moniste). "Cet être éternel qui réside en lui-même, supérieur à tout ce qui peut être connu […] hommage à ce dieu qui est dans le feu, qui est dans l'eau, qui pénètre dans le monde entier, qui est dans les plantes, qui est dans les arbres […] Il est le premier-né, il est dans la matrice…" (Kâthaka Upanishad, II, V, 9). Même regard, encore plus appuyé, dans la Svetâsvatara Upanishad : "L'Âtman individuel est enchaîné par suite de sa nature de jouissant ; quand il connaît le Divin il est délivré de toutes ses chaînes" (I, 10). Ce dualisme annonce le Sâmkhya - alors que le monisme est caractéristique du futur Vedanta.


Le dénominateur commun
Presque toutes les Upanishads n'ont d'autre but que d'enseigner aux adeptes à s'identifier avec l'Âme universelle, à devenir cette Âme. De cette fusion jaillit la délivrance (moksha), le salut.
La plupart des Upanishad se terminent par un hymne sur la félicité (ânanda) de l'absorption mystique : "Celui qui connaît Brahman, l'être suprême, devient Brahman lui-même, il traverse le chagrin, il traverse le péché, délivré de ses liens, il devient immortel" (Mundaka Upanishad, III, II, 8). De même la Maitri Upanishad s'achève sur l'extase qui résulte de cette union avec le Tout, union de l'ascète "dont les sens sont absorbés comme dans le sommeil…"
La conception du salut ainsi développée dans les Upanishad aboutit à la discipline du yoga et donnera naissance au bouddhisme.
G. Duc

 

"Atma Yoga is Kriya Yoga and Sankhya Yoga infused with the spirit of Bhakti" (Maa)

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