Mutation

Publié le par P.Vigneau

Il y a une urgence impérieuse d’une évolution, d’une mutation des consciences. Non pas selon un rêve transcendantal, mais selon une sagesse très terre à terre. Une véritable sagesse, de cette sagesse qui conduit a faire des choix « justes ». C’est à dire non ego-centré.
En effet, n’est-ce pas l’égoïsme humain qui produit le désastre écologique qui s’annonce ? N’est ce pas l’avidité personnelle qui conduit à promouvoir l’enrichissement comme but de vie ? Soif de gagner de l’argent qui aboutit à des montages financiers provoquant les crashs boursiers et les faillites. La crise financière a été créée par la cupidité et la soif aveugle d’argent. La dictature des marchés financiers ne s’intéresse pas à l’humain, et elle menace très directement la paix sociale.
Le monde avance aujourd’hui en produisant de plus en plus d’inégalités entre les grands riches et le vaste peuple. Est-ce cela le progrès ? Est ce cela que nous voulons ?
Une civilisation qui crée la pollution et favorise l’extinction des espèces est fondamentalement malade.


Personne ne peut consciemment défendre ce comportement.


La complexité du monde ne doit pas nous conduire à la passivité. La pire des attitudes est l’indifférence.
Car nous pouvons toujours apporter notre contribution à l’évolution du monde.

Les armes de distraction massive sont de plus en plus dangereuses. Le monde virtuel qui propose une gigantesque médiathèque est un formidable outil d’information mais aussi d’abrutissement des consciences.


L’abreuvement quotidien d’informations tue la réflexion profonde. La jeunesse perd le sens du réel, de l’effort, de la patience, de la relation humaine. Le système éducatif a perdu aussi le sens de la vie véritable, puisqu’on instruit l’enfant pour l’intégrer à un système malade. Et cet enfant se distrait avec multiples écrans afin d’oublier son mal-être.
Une seule chose importe et guide tout : l’économie. Les soins hospitaliers sont soumis à la rentabilité à tout point de vue. L’humain n’est plus considéré qu’en tant que machine dans un système gigantesque ou l’économie est devenu le dieu tout puissant. Les hommes politiques ne sont plus que des girouettes gestionnaires dont le but premier est de séduire l’électeur.


Nous pouvons raisonnablement penser qu’il n’y a rien à attendre de la classe supérieure de la société. Politiques et grands dirigeants ne peuvent envisager de changer les choses, car ils bénéficient de ce gigantesque drame.
A court terme, cela leur profite, financièrement. Ils vivent en castes, en circuit fermé, coupés des réalités. Alors ils bricolent des ajustements pour retarder l’écroulement. Ils manipulent les consciences pour faire croire qu’il n’y a pas d’autre alternative.
L’activité humaine n’est plus que mensonge, fuite du réel, faux-semblant, manipulation.
Comment vivre, sans authenticité, sans une réflexion approfondie sur ce qui nous anime, sans engagement essentiel ?
Et si puissantes que soient les forces qui conditionnent l’individu, l’homme a la faculté de prendre des décisions qui vont influencer son destin. Ce pouvoir de prendre position, de décider ne se perd jamais.


Chaque être humain demeure limité et sa liberté aussi. Cependant, même s’il n’est pas totalement libre par rapport aux conditions qui l’entourent, il conserve la liberté d’interpréter et de prendre position à l’égard de ces facteurs.
Ainsi, chaque personne possède la liberté de changer, et beaucoup plus qu’il ne l’imagine.
Car l’une des principales caractéristiques de l’être humain est sa capacité à créer. Chacun est créateur, chacun peut décider de sortir des habitudes, chacun peut créer des comportements nouveaux. Même si cette capacité est peu utilisée, elle existe.
Chacun est capable de faire des choix différents, à tout point de vue. Chacun peut prendre des décisions afin de changer beaucoup de choses dans sa vie. Et donc dans ce qui l’entoure.
Chacun influence le monde consciemment ou pas. Chacun peut décider de continuer sa vie telle qu’elle est, ou bien de la transformer. C’est là notre liberté.


Et nous pouvons l’exercer ou pas.
Ensuite l’aptitude à réussir dépend souvent de l’intensité de l’engagement.
De plus, j’ajouterai que nos choix, qu’ils soient délibérés ou en réaction à des pressions, sont aussi orientés par une force de vie qui nous dépasse complètement.


Le temps est venu de retrouver la beauté de la sagesse, de refuser l’utilitarisme mercantile qui transforme l’homme en machine à consommer. Le temps est venu de décider si l’on fait quelque chose ou si on laisse les autres faire pour nous.


L’homme s’est laissé enfermer par son égoïsme. La recherche actuelle de qualité de vie marque indéniablement un besoin de changement. Mais il est nécessaire de comprendre que notre recherche de bien-être ne peut se réaliser sans un éveil de la conscience. C’est beaucoup plus qu’un désir d’amélioration qui est requis.

L’éveil de la conscience est une ouverture au nouveau.
Et sans cette ouverture, rien de nouveau ne peut apparaître, ou plus exactement surgir.


Une nouvelle étape de l’évolution humaine se décèle dans la crise de la société.
Pour l’individu, cette évolution nécessitera un choix. Choix de vie, choix de conscience, qui permettra une ouverture au nouveau. Cela se ressentira comme la venue d’une force, d’une énergie, qui semblera totalement nouvelle.
Et pourtant qui aura toujours été là. Comme une graine qui n’avait pas encore germé.
Ce n’est pas un idéal, ni une formule poétique. Il y a réellement quelque chose de totalement nouveau qui attend. Une force qui peut modifier certains éléments essentiels de notre conscience.

extrait de "Le pouvoir des décisions"