Vrai ou faux maitre spirituel
« Le but d'un maître spirituel est de rendre libre ses disciples . » (Maa)
Cette parole touche à la vérité la plus exigeante de la relation maître-disciple : le vrai maître travaille à faire grandir le disciple puis à s’effacer.
Toutes les grandes traditions le disent, chacune à sa manière.
Dans la tradition indienne, le guru est étymologiquement celui qui dissipe l'obscurité (gu, ténèbre ; ru, ce qui la dissipe), non celui qui fournit une lumière de substitution.
Ramana Maharshi allait jusqu'à dire que le guru est « en toi », et que le maître extérieur n'est qu'un miroir tendu vers le Soi : la libération n'est pas transmise, elle est reconnue.
Combien de "maîtres" parlent d'affranchissement tout en créant, par l'attachement à leur personne, une dépendance subtile ?
Le critère n'est donc pas le discours, mais les fruits : les disciples gagnent-ils en discernement, en autonomie intérieure, en légèreté, en accueil pour tous.
Un maître authentique accepte d'être quitté, voire contredit.
Un faux maître fait tout pour garder ses disciples autour de lui. Il se place subtilement entre Dieu et ses disciples. Il se rend indispensable pour parvenir à la Grâce et à la Réalisation....
Un maitre inaccompli prétend détenir seul la clef de la grâce ou de la Réalisation, de sorte que la vérité passe nécessairement par sa personne. En fait il enferme et utilise ses disciples pour son confort, voire son enrichissement.
Pourtant toute la tradition authentique dit l'inverse, puisque le vrai maître renvoie au Soi, à Dieu, à la propre lampe du disciple.
Le faux maître, lui, entretient l'idée que s'éloigner de lui, c'est s'éloigner de la voie, voire tomber (péché, mauvais karma, perte de la grâce).
Il neutralise le discernement...
Alors qu'un maitre authentique est JUSTE un phare, il respecte infiniment son disciple sans lui imposer quoi que ce soit.
La valeur de l'action du maitre se mesure paradoxalement à la capacité de ses disciples à poursuivre sans lui. Celui-ci n’est pas devenu indispensable ; il a aidé l’autre à retrouver son propre rapport à Dieu, et à sa Conscience...
Si le disciple doit toujours avoir besoin du maître pour penser, décider, discerner, prier ou exister spirituellement, alors quelque chose a dévié.
" Réflechis, puis agis comme tu l'entendras" dit Krishna à Arjuna, à la fin de la Bhagavad Gita
( extrait des lettres d'Accompagnement)


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